Quand on ouvre une boîte d’œufs achetée en supermarché, une mention revient systématiquement : catégorie A. Derrière cette étiquette, souvent ignorée ou mal comprise, se cache en réalité une classification stricte qui garantit au consommateur un produit frais, intègre, et sain. Pourtant, de nombreuses confusions persistent : les œufs de catégorie A sont-ils forcément bio ? Pèsent-ils tous plus de 63 grammes ? Et quelles sont les vraies caractéristiques de cette fameuse catégorie A ?
Les œufs de catégorie A sont des œufs frais destinés aux consommateurs : propres, intacts, non lavés, avec un blanc ferme, un jaune centré et aucune anomalie sanitaire.
Pour y voir plus clair, décryptons ensemble les critères concrets qui définissent cette catégorie et ce qu’elle signifie réellement sur le plan de la qualité.
Sommaire
La catégorie A : une norme de fraîcheur avant tout
Dans le système européen, les œufs sont répartis en deux grandes catégories : A et B. Seule la première est destinée à la vente au consommateur final. Les œufs de catégorie B, eux, sont jugés moins conformes sur le plan visuel ou sanitaire, et finissent exclusivement dans les préparations industrielles, comme les ovoproduits ou les plats transformés.
Les œufs de catégorie A, ceux que vous retrouvez dans votre cuisine, doivent répondre à plusieurs exigences très précises.
Les cinq critères qui définissent un œuf de catégorie A
Un œuf classé en catégorie A est soumis à une évaluation rigoureuse, tant extérieure qu’intérieure. Il doit :
- Présenter une coquille propre, sèche et sans fissure, avec une forme régulière ;
- Conserver une chambre à air inférieure ou égale à 6 mm, signe de fraîcheur ;
- Avoir un blanc limpide et ferme, sans impureté, ni trace de sang ou de germe ;
- Afficher un jaune mobile, bien centré et sans contour net, indicateur d’intégrité ;
- Être exempt d’odeur suspecte ou de matière étrangère, garantissant sa salubrité.
Ces critères ne sont pas là pour faire joli : ils visent à protéger le consommateur, aussi bien en termes de sécurité sanitaire que de qualité gustative.

Ce que la catégorie A ne garantit pas
Contrairement à une idée reçue tenace, la catégorie A ne signifie pas que l’œuf est bio, ni qu’il pèse plus de 63 g. Elle ne dit rien sur le mode d’élevage, ni sur le calibre. Ce sont d’autres éléments d’étiquetage qui permettent d’accéder à ces informations.
Bio ou pas bio ? Le code sur la coquille vous répond
Chaque œuf de catégorie A porte un code imprimé directement sur la coquille, qui vous donne les clés du mode d’élevage :
- 0 = œuf issu de l’agriculture biologique ;
- 1 = poules élevées en plein air ;
- 2 = élevage au sol ;
- 3 = élevage en cage aménagée.
Le chiffre est suivi de deux lettres indiquant le pays d’origine (par exemple « FR » pour la France), puis d’un code propre au producteur.
Ainsi, tous les œufs bio sont de catégorie A, mais tous les œufs de catégorie A ne sont pas bio. Pour faire un choix éclairé, il faut regarder la coquille, pas seulement l’emballage.
Et le poids dans tout ça ?
Autre confusion fréquente : croire qu’un œuf de catégorie A pèse obligatoirement plus de 63 grammes. En réalité, la catégorie A n’a aucun lien avec le poids. Ce critère est défini par le calibre, une information distincte, indiquée sur l’emballage.
Voici les différentes tailles possibles pour un œuf de catégorie A :
| Calibre | Poids approximatif | Dénomination |
|---|---|---|
| S | Moins de 53 g | Petit |
| M | 53 à 62 g | Moyen |
| L | 63 à 72 g | Gros |
| XL | 73 g et plus | Très gros |
Un œuf peut donc peser moins de 53 g et rester parfaitement conforme à la catégorie A, tant qu’il respecte les cinq critères de qualité mentionnés plus haut.

Une réglementation stricte de l’emballage à la vente
La réglementation européenne encadre de manière très précise la présentation et la vente des œufs de catégorie A. L’objectif est d’assurer une traçabilité totale et de garantir une qualité constante aux consommateurs.
Que trouve-t-on sur une boîte d’œufs de catégorie A ?
Les mentions suivantes doivent apparaître de manière visible sur l’emballage :
- La catégorie de qualité : ici, « A » ;
- Le calibre (S, M, L, XL) ;
- La date de durabilité minimale (souvent précédée de « à consommer de préférence avant le… ») ;
- Le code du producteur ;
- Le mode d’élevage clairement indiqué ;
- Le code du centre d’emballage.
Si l’œuf est vendu en vrac (sur un marché, par exemple), ces informations doivent être affichées à proximité, de façon lisible.
Autre particularité importante : en Europe, les œufs ne sont jamais lavés avant leur mise en rayon. Cette interdiction vise à préserver la cuticule, cette fine membrane naturelle qui protège contre les bactéries. Un œuf non lavé se conserve jusqu’à 28 jours après la ponte, sans perte de qualité.
Que vaut la mention « extra-frais » ?
Sur certaines boîtes d’œufs de catégorie A, on peut voir la mention « extra » ou « extra-frais ». Cette indication est encadrée par la loi : elle n’est autorisée que jusqu’au neuvième jour suivant la ponte.
Pour cela, l’emballage doit mentionner la date de ponte et la date limite du statut extra-frais. Ces œufs sont idéaux pour des cuissons sensibles comme les œufs à la coque ou les préparations crues (mayonnaise maison, tiramisu…).

Ce que vous devez retenir pour bien choisir vos œufs
La mention « catégorie A » vous assure un œuf frais, propre, non fissuré et sain, mais ne vous dit rien sur le mode d’élevage ou l’origine bio. Pour bien choisir, voici ce qu’il faut vérifier rapidement :
- Le code imprimé sur la coquille pour connaître le type d’élevage (0 = bio) et le pays d’origine (FR = France) ;
- Le calibre selon l’usage prévu (petits œufs pour l’apéro, gros œufs pour les omelettes) ;
- La mention extra-frais si vous les utilisez crus ou peu cuits.
Et surtout, conservez vos œufs dans leur boîte d’origine, au réfrigérateur, pointe vers le bas, sans les laver. Cette méthode simple permet de préserver toutes leurs qualités jusqu’à la date limite de consommation.






