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Le Design Thinking : une méthode encore très populaire, quarante ans après sa création

Design thinking

Méthode élaborée à l’Université de Stanford aux Etats-Unis dans les années 1980 par Rolph Faste, le Design Thinking, littéralement « penser le design », est une stratégie collaborative de gestion de l’innovation, impliquant une co-créativité s’appuyant notamment sur les retours de l’utilisateur final.

Qu’est-ce que le Design Thinking ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Design Thinking ne s’adresse pas exclusivement à des designers. Plusieurs grands artistes, ingénieurs et hommes d’affaires ont utilisé cette méthode pour arriver à leurs fins. Elle a été nommée ainsi parce qu’elle utilise les processus de travail des designers. Ceux-ci permettent à tous ceux qui l’utilise d’extraire, d’enseigner, d’apprendre et/ou d’appliquer des techniques centrées sur l’identité de l’individu afin de résoudre des problèmes de manière créative et innovante, et ce, peu importe le domaine d’application.

On ne compte plus le nombre de marques à l’international qui utilisent le Design Thinking. Parmi elles, se trouvent plusieurs grands noms dont Apple, Google et Samsung, pour ne nommer que quelques-unes des plus connues. Elle est aussi enseignée dans les plus grandes universités à travers la planète dont Harvard, MIT et Stanford, où elle fut d’ailleurs élaborée dans les années 1980 par Rolf Faste.

L’objectif final du Design Thinking est de trouver des solutions à des problèmes donnés. Son processus est centré sur la compréhension de l’utilisateur. La méthode suggère, que pour y parvenir, il faut remettre en question les hypothèses afin de redéfinir les problèmes. Cela doit permettre l’identification de stratégies et de solutions alternatives à adopter. Une fois le processus complété, il faut à nouveau tout remettre en jeu, une nouvelle fois, et autant de fois qu’il le faudra, afin d’arriver à des résultats qui pouvaient ne pas être instantanément apparents lorsque nous avons entrepris notre questionnement initial.

En résumé, on peut dire que le Design Thinking est une façon de penser et de travailler ainsi qu’une collection de méthodes pratiques.

L’empathie au cœur de la méthode

L’empathie est au cœur du Design Thinking. Son but est de comprendre l’individu pour qui nous créons le produit ou le service afin de mieux cerner ses besoins, ses désirs. Elle nous oblige à quitter notre vision originale, lors de la création, pour mettre l’emphase sur la réception qu’en aura l’utilisateur, toujours en remettant en question les hypothèses et les réponses auxquelles nous sommes arrivées précédemment.

On utilise souvent le Design Thinking afin de résoudre des problèmes mal définis ou inconnus, en tentant d’imaginer la réponse de l’individu face à ce que nous lui proposons, et non notre propre réaction. Cela se fait par séances de « brain storming » et en adoptant une approche pratique, répétée à la chaîne, et de manière continue : esquisse, prototypage, test et essai de concepts et d’idées.

La méthodologie du Design Thinking

Il existe trois approches principales du Design Thinking. Cependant, toutes les variantes se ressemblent et incarnent les mêmes principes.

À l’origine, le Design Thinking était un processus qui avait lieu en sept étapes. Elle a été conçue par le professeur de design Rolf Faste à l’université Stanford en Californie, sur la base des travaux de Robert McKim. La démarche se composait ainsi : définir, rechercher, imaginer, prototyper, sélectionner, implémenter et apprendre. Elle a ensuite été ramenée à cinq par Jeremy Gutsche du site Trendhunter ainsi : définir, imaginer, synthétiser, prototyper et tester, avant d’être réduite à trois par Tim Brown, patron de la société IDEO, avec un choix de mots (idées) entièrement différent qui sont : inspiration, imagination, et mise en œuvre.

Ce qu’il faut retenir, c’est que peu importe le nombre d’étapes définies, celles-ci ne sont pas toujours séquentielles. Comme l’objectif est de trouver des solutions innovantes, il est normal de ne pas suivre des règles trop strictes. Une de ces étapes peut rediriger le processus vers une précédente, avant même d’avoir complété un cycle complet. On peut ainsi se retrouver dans des situations où les étapes s’effectuent en parallèle l’une à l’autre. L’important est de recommencer autant de fois qu’il le faut, peu importe l’ordre.

Thinking Outside the Box (Penser hors des sentiers battus)

Puisque les concepteurs tentent de trouver des solutions inédites, on utilise souvent l’expression anglaise « Thinking outside the Box » pour exprimer le fonctionnement global de cette méthode. Étrangement, on pourrait presque dire que c’est la méthode anti-méthode que l’on utilise pour trouver des solutions à des problèmes dont on ne connaissait même pas l’existence avant même d’entreprendre le processus…

Mais l’objectif, lui, est beaucoup plus clair : améliorer des produits ou des services en analysant et en tentant de comprendre comment les utilisateurs réagiront (ou réagissent déjà, selon le cas) aux produits et services, tout en étudiant les conditions dans lesquelles ils le font. Cette technique touche donc des concepts moins scientifiques, telles que les émotions, les besoins, les motivations et les comportements. On se dirige vers une vision plus sensible de la résolution de problème, moins mathématique.

C’est là que l’on comprend que l’intérêt de la méthode est de poser des questions difficiles afin d’émettre des hypothèses plus humaines aux problèmes de la situation donnée. Pour aller plus loin, le Design Thinking, en quelque sorte, cherche à démontrer que les hypothèses précédentes étaient erronées. Une fois que nous y sommes parvenus, il ne nous reste plus qu’à découvrir les véritables contraintes et facettes du problème auquel nous faisons face.

Au final, on peut dire que le Design Thinking est une manière de creuser profondément afin de ramener à la surface les racines de la problématique que l’on doit régler. Dans sa phase plus terre-à-terre, elle nous obligera à prototyper et tester encore et encore notre produit ou notre service afin de l’améliorer, avant de recommencer le processus à nouveau pour l’améliorer une seconde, puis une troisième fois, une quatrième… et ainsi de suite.