EuropArchive.org » Santé » Maladies » Gardnerella : une IST difficile à éradiquer

Gardnerella : une IST difficile à éradiquer

Les IST, pour infections sexuellement transmissibles, sont contractées lors de rapports sexuels non protégés. Aussi, la meilleure façon de les éviter reste définitivement le préservatif. Le nombre d’IST recensées est grand. De ce fait, toutes ne sont pas bien connues du grand public. C’est le cas du Gardnerella, une forme de vaginite particulièrement gênante et dangereuse en cas de grossesse.

Qu’est-ce que le Gardnerella ?

Le Gardnerella est donc une forme de vaginite, c’est-à-dire une inflammation du vagin, se manifestant par des pertes anormales, des démangeaisons et des douleurs. Vous connaissez très certainement la vaginite la plus fréquente, la mycose (caractérisée par la prolifération de champignons dans le vagin). La Gardnerella est quant à lui une infection causée par une bactérie se développant dans les zones au PH basique.

La flore vaginale possède normalement un PH légèrement acide, situé entre 4 et 4,5. Néanmoins, cette flore peut parfois se dérégler, favorisant ainsi la prolifération de bactéries, par exemple le Gardnerella vaginalis. Celle-ci est présente et fabriquée normalement par le corps, mais lorsque le PH est modifié, elle se développe en masse et cause une infection.

Quels sont les symptômes du Gardnerella ?

Les symptômes les plus fréquents des infections vaginales sont les démangeaisons. Aussi, le Gardnerella n’échappe pas à cette règle. Toutefois, le symptôme le plus connu et surtout le plus handicapant provoqué par la prolifération de cette bactérie est l’odeur de poisson pourri qui se dégage des pertes vaginales. Plus l’environnement est basique, plus l’odeur est forte.

Précisions également que le liquide séminal, le sperme, possède un PH basique. Aussi, en cas de rapport non protégé, la bactérie se retrouve dans un environnement particulièrement favorable à une prolifération. De ce fait, l’odeur est encore plus forte, de quoi faire fuir le partenaire masculin.

Pourquoi est-elle difficile à diagnostiquer ?

Les démangeaisons vaginales sont la plupart du temps associées à des mycoses. De ce fait, et sans un examen physique, difficile de déceler un Gardnerella. D’autre part, les femmes qui en souffrent ressentent bien souvent une certaine gêne à consulter un médecin. Le renoncement aux soins participe donc à la méconnaissance de cette infection.

Une infection sexuellement transmissible

En effet, le Gardnerella vaginal est une IST. Aussi, elle peut être transmise à l’homme. Toutefois, la bactérie n’est à l’origine d’aucun symptôme et dans la plupart des cas, le porteur ne s’en aperçoit même pas. Mais il pourrait très bien le transmettre à une autre partenaire, en cas de rapport non protégé.

Cependant, le Gardnerella n’est pas une bactérie tenace aussi, elle pourra être éradiquée par le moyen d’une simple douche. En revanche, cette solution n’est pas applicable chez la femme, car le Gardnerella se développe à l’intérieur du vagin.

Existe-t-il un traitement efficace ?

Malheureusement, il n’existe pas de traitement naturel pour le Gardnerella. D’ailleurs, il s’avère très difficile de s’en débarrasser. D’une part, parce que l’infection est souvent confondue avec une mycose, c’est-à-dire un champignon qui se développe dans la flore vaginale. Pour traiter celle-ci, un antifongique suffit. Or, ce traitement n’est pas approprié pour le Gardnerella.

En effet, pour soigner les infections, des antibiotiques sont nécessaires. Cependant, l’amoxicilline dans ce cas est inefficace. Votre médecin vous proposera alors le seul traitement connu à l’heure actuelle pour vaincre le Gardnerella : le Flagyl. Cet antibiotique se présente sous la forme d’un ovule à insérer dans le vagin, ou d’un comprimé.

Les professionnels de santé peuvent également prescrire de l’Augmentin, un autre antibiotique. Néanmoins, celui-ci est si puissant qu’il élimine toutes les bactéries présentes dans le corps, aussi bien les bonnes que les mauvaises. Les effets secondaires sont donc nombreux : difficulté à digérer, en raison d’une flore intestinale appauvrie et une prédisposition aux autres infections.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la cause de la prolifération du Gardnerella est le déséquilibre de la flore vaginale et de son PH. De ce fait, il s’avère indispensable de traiter ce problème, avant d’éradiquer la bactérie. En effet, celle-ci reprendra sa prolifération une fois le traitement à base d’antibiotiques terminé. Vous trouverez en pharmacie des solutions pour autoréguler la flore vaginale, mais ces traitements ne sont pas remboursés et ne montrent pas une très grande efficacité.

Le gynécologue est le professionnel de santé habilité à vous proposer un traitement et vous prodiguer des conseils. Aussi, n’hésitez pas à le consulter.

Gardnerella et grossesse

Le Gardnerella n’entraîne aucun risque de stérilité. Autrement dit, il est tout à fait possible de tomber enceinte même en étant infectée. Toutefois, lorsque la bactérie prolifère pendant la grossesse, celle-ci peut entraîner des complications : l’avortement spontané, la rupture prématurée des membranes, l’endométrite du post-partum…

D’autre part, les femmes enceintes infectées par le Gardnerella ont plus de risques de donner naissance à un enfant à petit poids. De plus, il a été démontré que cette bactérie proliférant pendant la grossesse multiplie par deux les risques d’accouchement prématuré.

Vous trouverez également sur europarchive.org :