EuropArchive.org » Société » Comment le champagne se prépare-t-il à affronter le réchauffement climatique ?

Comment le champagne se prépare-t-il à affronter le réchauffement climatique ?

Les conséquences du réchauffement climatique sont, pour la plupart, totalement imprévisibles du fait des cascades de réactions qui les précéderont. Néanmoins, il y a certaines conséquences auxquelles le grand public ne pense pas toujours, mais que les professionnels doivent envisager. La production de vins de Champagne fera sans doute partie des secteurs les plus touchés.

Les conséquences du réchauffement climatique sur le champagne

En Champagne, le réchauffement climatique est déjà une réalité puisque l’on a observé une augmentation moyenne des températures annuelles de 1,1 °C depuis le début des années 90. Résultat, les vendanges ont lieu de plus en plus tôt, c’est-à-dire désormais en août au lieu de septembre et les raisins récoltés donnent un goût beaucoup plus sucré au champagne.

Les professionnels du secteur s’interrogent alors sur les moyens à leur disposition pour s’assurer que les vins de champagne conservent leurs goûts et leur qualité dans les décennies à venir. Un vin réputé comme le champagne Veuve Clicquot ne peut pas se permettre un gain trop important de sucre. Cela pourrait dénaturer totalement le goût de sa production et le champagne tel que nous le connaissons pourrait disparaître.

Créer de nouvelles espèces plus résistantes

Résultat, en Champagne, on fait des expériences à ciel ouvert depuis plusieurs années pour essayer de créer de nouvelles espèces de vignes qui résisteront mieux aux chaleurs et permettront ainsi de conserver le goût naturel du champagne que nous lui connaissons depuis plusieurs siècles. Néanmoins, avant qu’une nouvelle espèce ne soit créée et reconnue, le parcours est long.

Ainsi, les exploitants castrent à la main et à la pince à épiler les fleurs mâles d’un cépage pour pouvoir féconder les fleurs femelles avec le pollen d’une espèce plus résistante. Ensuite, les raisins obtenus sont triés pour sélectionner ceux qui ont hérité des bons gènes. Au bout de quelques années, une nouvelle espèce est alors créée.

Cette technique a débuté en 2015 et 200 espèces sont en observation actuellement. D’ici à 2030, les professionnels espèrent pouvoir utiliser 4 nouvelles espèces.

Les autres techniques d’adaptation

Si la création de nouvelles espèces s’insère parfaitement dans une logique évolutive et d’adaptation à un environnement en pleine mutation, ce n’est pas pour autant la seule technique à la disposition des professionnels. Par exemple, passer d’un espacement de 1,50 mètre entre chaque pied de vigne à un espacement de 1,80 mètre, voire 2,20 mètres, permet de résoudre beaucoup de problèmes de gel et de répandre moins de pesticides.

Par ailleurs, un peu de bon sens permettra au champagne de moins souffrir de l’augmentation des températures. Par exemple, organiser les cueillettes aux heures les plus fraîches permettrait de réduire considérablement l’impact de la chaleur sur le goût du raisin. De même, choisir des caisses claires pour stocker le raisin et ne jamais le laisser en plein soleil a un effet beaucoup plus important qu’on ne pourrait le croire.